Campagne
Les deux tours de la présidentielle, les débats et les promesses, dans les trois mois qui précèdent une élection qui juge le joueur. Cette page couvre les équations E30, E31 et E32.
En clair
Quatre-vingt-dix jours avant une élection qui juge son camp, le joueur entre en campagne. En France, la présidentielle se joue en deux tours, à quatorze jours d'écart, et les deux candidats arrivés en tête du premier se qualifient pour le second (E30). Sept jours avant le premier tour, un débat met le joueur face à ses principaux adversaires, et sept jours avant le second, face à l'autre finaliste, si son parti est au second tour. Il y choisit une ligne, défendre son bilan, attaquer ou promettre, et chacune lui rapporte un peu de voix, avec une part de hasard (E31). Pendant la campagne, il peut aussi faire jusqu'à trois promesses sur des postes du budget, dont les électeurs lui accordent une part d'avance, d'autant plus grande qu'il a tenu ses promesses passées. Élu, il doit les tenir dans les deux ans, faute de quoi chaque promesse rompue lui coûte de la popularité et de la crédibilité (E32).
Dans la partie
L'onglet « Campagne » s'ouvre trois mois avant le vote et montre la date de chaque tour, les promesses faites et ce que chacune promet à chaque groupe. Le débat met le jeu en pause, montre chaque adversaire, ce qu'il défend et ce qu'il propose, lu dans l'unité où le joueur règle chaque poste, et attend la ligne du joueur, qui voit avant de choisir ce que chaque ligne rapporte en moyenne et de combien le hasard peut l'en écarter. Au soir de l'élection, la nouvelle donne les deux candidats du second tour et la part de chacun. La présidentielle française a son second tour le 2 mai 2027, donc son premier le 18 avril, et la campagne s'ouvre le 18 janvier. Un joueur qui a pris le gouvernement face à un président adverse n'a pas de campagne, parce que l'élection juge le camp du président (E22).
Les bases
Dans un scrutin à deux tours, chacun vote d'abord pour son candidat préféré. Si personne n'obtient plus de la moitié des voix, les deux premiers s'affrontent quinze jours plus tard, et les électeurs des candidats éliminés se reportent alors sur celui des deux qui leur ressemble le plus, ou restent chez eux.
Les études des campagnes présidentielles trouvent que les débats déplacent peu les intentions de vote, un point ou deux au plus, tandis que le gros du vote se décide sur l'économie des mois précédents (E15). Le jeu donne donc aux débats un effet petit, avec une part de hasard qui représente la prestation du soir.
Les partis au pouvoir tiennent une bonne part de leurs promesses électorales, davantage quand ils gouvernent seuls qu'en coalition. Les électeurs en doutent pourtant, si bien qu'ils accordent d'avance moins que ce qui est promis, et croient davantage un candidat qui a tenu ses promesses passées. Quand une promesse est rompue, la déception dépasse la satisfaction qu'aurait donnée une promesse tenue, parce qu'une perte compte plus qu'un gain de même taille.
Voir quand une campagne s'ouvre et se fermeLe camp que l'élection juge, l'élection qui vient la première, et ce que la campagne laisse quand elle se ferme.
Une campagne est ouverte pour le joueur quand son parti dirige le camp que la prochaine élection juge — le gouvernement, ou le président en cohabitation (E22) —, que l'élection est concurrentielle (pas contrôlée, E23) et que le pays a des partis (E19), et qu'il reste au plus campaign_days jours (90) avant le prochain tour. La prochaine élection est celle qui vient la première : celle qui décide qui gouverne, par son premier tour là où elle en a deux, ou celle d'une assemblée élue à part (E21). Un joueur que la prochaine élection ne juge pas — il a pris le gouvernement face à un président adverse — n'a pas de campagne : ses promesses et ses débats jugeraient l'autre camp.
La campagne se ferme le jour où l'élection est décidée. Ce qu'elle a apporté au camp du joueur — le gain des débats, l'anticipation des promesses — s'arrête ce jour-là ; les promesses d'un joueur qui a gagné deviennent des engagements.
| Variable | Sens | Unité | Bornes |
|---|---|---|---|
| la campagne de chaque pays | le second tour qui attend, le débat, le gain des débats, les promesses, la crédibilité, l'anticipation | — | état de la partie, dans son hash quand elle n'est pas vide |
E30. Les deux tours de la présidentielle
En clair
Le premier tour a lieu quatorze jours avant le second. Ce jour-là, l'équation d'E15 donne le score du camp au pouvoir, avec ce que les débats lui ont apporté, et les voix de chaque parti en découlent (E20). Un candidat qui a plus de la moitié des voix est élu, sinon les deux premiers vont au second tour. Si le parti au pouvoir y est, le duel se décide encore par E15, avec les chiffres de l'économie du jour du second tour et le même tirage qu'au premier. S'il a été éliminé, les deux finalistes se partagent les voix de tous les autres partis, chacun selon sa proximité avec eux.
Aux voix de la dernière élection, le premier tour français qualifie Ralliement de la Nation et Nouvel Élan. Comme Nouvel Élan dirige le gouvernement et se trouve au second tour, c'est E15 qui décide du duel. Si les partis du gouvernement perdent 5 points de voix depuis la dernière élection, Nouvel Élan est éliminé dès le premier tour, et le second oppose alors Ralliement de la Nation et Le Peuple indocile. Avec un report qui se divise par deux tous les 35 points de distance, Ralliement de la Nation l'emporte avec 59,2 % des voix.
Le studio laisse E15 décider du duel quand le camp au pouvoir est au second tour, parce que c'est cette équation qui est réglée sur des élections réelles, et qu'ainsi le camp sortant perd à peu près aussi souvent avec deux tours qu'avec un seul.
Dans la formule :
| Symbole | Ce que c'est | Dans l'exemple |
|---|---|---|
| \(V_1\), \(V_2\) | le score du camp au pouvoir, au premier et au second tour (E15) | |
| \(z^{E}_{t_1}\) | le tirage du jour du premier tour, repris au second | |
| \(B\) | ce que les débats ont apporté au camp du joueur (E31) | |
| \(S_A\) | la part du finaliste \(A\) au second tour, quand le camp au pouvoir est éliminé | 59,2 % |
| \(v_k\) | les voix du parti \(k\) au premier tour | |
| \(d_{kA}\), \(h\) | la distance du parti \(k\) au finaliste \(A\), et la distance qui divise le report par deux | \(h = 35\) |
Voir la formule complète et ses sourcesOù et quand se tiennent les deux tours, le premier, le second avec ou sans le camp au pouvoir, ce qu'en donne la France sur cinquante ans, et ce que l'équation laisse de côté.
Où. Là où les données disent que le président est élu en deux tours — aujourd'hui la France seule, sur la Constitution (article 7) —, que l'élection est concurrentielle, et qu'un président gouverne (E19) ou tient le pouvoir à part de l'assemblée (E22). Partout ailleurs, l'élection se décide en un jour, comme E15 et E22 le décrivent.
Quand. Le calendrier date une élection du jour où elle est décidée : pour la France, le second tour (le 24 avril 2022, le 2 mai 2027). Le premier tour a lieu runoff_days jours (14) plus tôt ; le second, le jour du calendrier. Le mandat suivant se compte de ce jour, que le second tour ait lieu ou non : le calendrier ne glisse pas.
Le premier tour. Le jour du premier tour, l'équation d'E15 donne au camp au pouvoir
— B est ce que les débats ont apporté au camp du joueur (E31), nul ailleurs — et les voix de chaque parti suivent comme dans toute élection (E20). Un candidat qui a plus de la moitié des voix est élu. Sinon, les deux premiers vont au second tour ; la nouvelle du premier tour donne leurs noms, leurs voix et le jour du second. Les voix du premier tour sont celles de l'élection : c'est d'elles que partiront les intentions de vote suivantes (E20). Les sièges de l'assemblée, élue à part, ne changent pas.
Le second tour. Si le parti qui dirige le camp au pouvoir est l'un des deux, le duel est le vote des deux camps d'E15, avec les chiffres du jour du second tour et le tirage du premier :
À 50 ou plus, il garde le pouvoir. S'il a été éliminé au premier tour, les deux autres se partagent les voix de tous les partis qui se présentent par leur proximité, divisée par deux tous les h points de distance (vote_proximity_half_distance, E20), comme le second tour d'E22 :
Le plus grand l'emporte. Ce qui suit — qui gouverne, la dissolution, la cohabitation, le sort du joueur — est la règle d'E22, le vainqueur du second tour à la place de celui qu'E22 calculait le même jour. La nouvelle de l'élection donne alors, en plus du score du camp au pouvoir, les deux candidats du second tour, celui que le premier tour avait mis en tête d'abord, et la part de chacun : V2 et 100 − V2 dans le premier cas, SA et SB dans le second.
| Variable | Sens | Unité | Bornes |
|---|---|---|---|
| le second tour qui attend | le jour du premier tour et du second, les deux candidats, le tirage du premier tour | — | état de la partie, dans son hash |
| V1, V2 | la part du vote des deux camps du camp au pouvoir, au premier et au second tour | % | non contrôlée |
| SA | la part du candidat A au second tour quand le camp au pouvoir n'y est pas | % | 0 à 100 |
Aucun paramètre nouveau : l'équation est celle d'E15, le report celui d'E22.
| Grandeur | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
runoff_days | 14 jours | Constitution, article 7 : le second tour a lieu le quatorzième jour qui suit le premier | |
| les pays en deux tours | la France | une source par pays |
Pourquoi. Deux dates font une campagne : une soirée de premier tour, deux semaines où le joueur connaît son adversaire et les reports avant de débattre. Le second tour reste décidé par E15 quand le camp au pouvoir y est, parce que c'est E15 qui est calibrée : le camp sortant perd à peu près aussi souvent. Mesuré (la France, cinquante ans, quarante graines, les chocs du jeu, sans joueur) : les présidentielles perdues passent de 51,0 % en un jour à 55,2 % en deux tours ; le camp au pouvoir est éliminé au premier tour dans 15,8 % des cas, gagne le duel dans 43,0 %, le perd dans 39,2 %, et 2,0 % se décident au premier tour. Le reste du monde, qui vote en un jour, ne change pas.
Ce que ça simplifie. Un seul tirage pour les deux tours : le second n'ajoute que les quatorze jours d'économie et le débat de l'entre-deux-tours. Dans un duel avec le camp au pouvoir, l'adversaire ne compte pas : E15 ne connaît que deux camps, et un sortant face à l'extrême droite n'y fait pas mieux que face au centre. Les reports ne sont que la proximité : ni consigne de vote, ni retrait, ni abstention différentielle entre les tours. Un parti présente un candidat, et ses voix sont celles de ses listes (E20). Seule la France est en deux tours : d'autres pays élisent leur président ainsi (au Brésil, au Chili, en Colombie, au Pérou…), avec parfois un autre seuil que la moitié (l'Argentine, le Costa Rica) ; ils y entreront avec leur source. Les législatives restent calculées en un jour (E21).
E31. Les débats
En clair
Défendre son bilan rapporte ce que vaut le bilan, que la popularité résume déjà. À 50 % de popularité, la défense ne rapporte donc rien en moyenne, alors qu'elle rapporte 0,6 point à 60 % et en coûte 0,6 à 40 %. Attaquer rapporte un demi-point quel que soit le bilan, mais avec un risque deux fois plus grand que les autres lignes. Promettre rapporte aussi un demi-point, sans ce risque, et ajoute une promesse du catalogue. À chaque ligne s'ajoute un tirage au sort, d'un écart-type de 0,75 point, qui représente la prestation du soir. Ce que les débats rapportent compte dans le score du camp du joueur jusqu'au jour où l'élection est décidée. Un débat du premier tour qui n'a pas été pris se ferme avec le premier tour, et celui de l'entre-deux-tours n'a lieu que si le parti du joueur est au second.
Avec une popularité de 58 %, défendre son bilan rapporte en moyenne 3 × (2 × 58 − 100) / 100 = 0,48 point. Deux soirs sur trois, le tirage reste entre −0,75 et +0,75 point, et le gain entre −0,27 et 1,23 point. L'attaque, à peine meilleure en moyenne avec 0,5 point, donne deux soirs sur trois un gain compris entre −1 et 2 points.
Dans la formule :
| Symbole | Ce que c'est | Dans l'exemple |
|---|---|---|
| \(G\) | ce que le débat rapporte au camp du joueur, en points du score d'E15 | 0,48 en moyenne |
| \(P\) | la popularité du jour | 58 % |
| \(a_D\) | ce que vaut la défense par unité d'approbation nette | 3 |
| \(a_A\), \(r_A\) | le gain de l'attaque, et combien de fois son risque dépasse celui des autres lignes | 0,5 ; 2 |
| \(a_{Pr}\) | le gain de la promesse | 0,5 |
| \(\sigma_D\), \(z^{D}\) | l'écart-type du tirage, et le tirage du débat | 0,75 point |
Voir la formule complète et ses sourcesQuand ont lieu les débats, les adversaires qu'ils montrent, chaque paramètre avec sa source, et ce que l'équation laisse de côté.
Quand. Pour le joueur en campagne, debate_days jours (7) avant chaque tour — avant l'élection qui se décide en un jour, avant chacun des deux tours d'une présidentielle —, ou dès que la campagne s'ouvre si elle s'ouvre plus tard. Le débat met le jeu en pause et montre les adversaires : avant un premier tour, les debate_opponents partis (3) qui ont le plus d'intentions de vote, le sien mis à part ; avant un second, l'autre finaliste. Le débat de l'entre-deux-tours est celui du duel : un joueur dont le parti n'est pas au second tour n'en a pas. Le débat du premier tour se ferme avec le premier tour, qu'il ait été pris ou non ; ce qu'il a apporté reste acquis jusqu'à l'élection. De chacun, ce qu'il défend — les deux curseurs où il se tient le plus loin de leur valeur neutre, et de quel côté (E19) — et ce qu'il propose — les deux postes du budget dont son niveau idéal (E25) est le plus loin du niveau d'aujourd'hui, rapporté à l'écart entre les pays, dans les bornes du levier. Le joueur lit chaque proposition dans l'unité où il règle ce poste : sa part du budget pour une dépense (E26), le taux de son impôt principal pour une recette, celui qui lève le montant voulu, les autres impôts restant où ils sont (E35) — la conversion qu'emploie déjà une concession à un mouvement social (E33). Elle ne change rien au choix des deux postes ni au débat : c'est une lecture.
Les lignes. Le joueur en choisit une, une seule fois par débat :
P est la popularité du jour, zD un tirage d'une loi normale centrée réduite, tiré le jour où le débat s'ouvre (le tirage d'élection du pays ce jour-là, E15). Le gain G s'ajoute à B, qui compte dans le vote des deux camps (E15, E30) à chaque tour jusqu'à ce que l'élection soit décidée, puis revient à zéro. Un débat sans réponse ne rapporte rien.
Ce que le joueur en voit avant de choisir. Pour chaque ligne, ce qu'elle rapporte au tirage moyen (zD = 0) et un écart-type de ce qu'elle rapporte (σD, ou rA σD pour l'attaque), en points du vote. C'est une lecture de l'équation ci-dessus, pas une grandeur de plus : le tirage lui-même reste caché jusqu'à la réponse.
| Variable | Sens | Unité | Bornes |
|---|---|---|---|
| B | ce que les débats de la campagne ont apporté au camp du joueur | points du vote des deux camps | non contrôlée |
| le débat | le tour qu'il précède et son jour, son tirage, les adversaires, la ligne prise | — | état de la partie, dans son hash |
| Paramètre | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
debate_defend aD | 3 points par unité d'approbation nette | 0,6 point à 60 % de popularité, rien à 50, −0,6 à 40 ; les débats déplacent peu les intentions, un point ou deux au plus (Holbrook 1996 ; Erikson et Wlezien 2012) | |
debate_attack aA | 0,5 point | un petit gain, quel que soit le bilan : ce que défend un bilan à 58 % | |
debate_attack_risk rA | 2 fois le bruit | l'attaque est la ligne la plus risquée | |
debate_promise aPr | 0,5 point | le gain de l'attaque sans son risque ; c'est l'engagement qui coûte (E32) | |
debate_noise σD | 0,75 point (écart-type) | l'effet d'un débat dépasse rarement un ou deux points (Erikson et Wlezien 2012) |
| Grandeur | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
debate_days | 7 jours | un choix de jeu : le débat de l'entre-deux-tours français a lieu quelques jours avant le second tour | |
debate_opponents | 3 partis | un choix de jeu : ce qu'un écran de débat montre lisiblement |
Pourquoi. Un débat est un moment où le joueur agit sur le vote autrement que par sa politique des mois précédents, et il doit peser peu, sinon il écraserait le reste : les études des campagnes présidentielles trouvent aux débats des effets faibles. Défendre son bilan vaut ce que vaut le bilan : c'est la popularité, qui le résume déjà (E12), qui en décide ; en pleine récession, la défense coûte. L'attaque rapporte un peu quel que soit le bilan, au prix d'un risque double.
Ce que ça simplifie. Les adversaires ne choisissent pas de ligne : leur prestation est dans le tirage. Ce que chacun défend et propose se lit dans ses curseurs et dans ses idéaux d'E25 : aucun programme n'est écrit, et un parti au bout d'un curseur peut proposer un niveau lointain. Le gain est le même dans tous les pays, et ne s'use pas : deux bons débats valent deux fois un. Seuls les joueurs débattent ; un gouvernement sans joueur n'a pas de débat, et son élection n'en dépend pas.
E32. Les promesses
En clair
Une promesse porte sur un poste du budget, dans un sens, d'au moins un demi-point de PIB, par exemple « baisser la TVA d'un demi-point ». Comme chaque groupe sait ce que ce poste lui rapporte (E27), il calcule ce que la promesse changerait à son revenu. Les électeurs en accordent d'avance la moitié, multipliée par la crédibilité du joueur, au poids que le pouvoir d'achat a dans la popularité. Si le joueur gagne, la promesse doit être tenue dans les 24 mois. Une promesse tenue fait monter la crédibilité de 30 % du chemin qui la sépare de 1, tandis qu'une promesse rompue la coupe de moitié et coûte d'un coup une fois et demie le gain qu'elle avait valu d'avance.
Une promesse apporterait 1,6 % de revenu aux ménages modestes. À la crédibilité de départ, 0,6, ils l'accordent d'avance pour 0,5 × 0,6 × 0,5 × 1,6 = 0,24 point de popularité. Si le joueur gagne l'élection puis tient sa promesse, sa crédibilité monte à 0,6 + 0,3 × (1 − 0,6) = 0,72. S'il la rompt, elle tombe à 0,3, et les ménages modestes lui retirent 1,5 × 0,24 = 0,36 point d'un coup.
Le studio fait porter les promesses sur des postes du budget plutôt que sur des résultats comme le chômage ou la croissance, parce que ces résultats dépendraient trop du hasard.
Dans la formule :
| Symbole | Ce que c'est | Dans l'exemple |
|---|---|---|
| \(\Delta y_{c,k}\) | ce que la promesse \(k\) changerait au revenu de la case \(c\), en % | 1,6 |
| \(A_{c,k}\) | ce que les électeurs de la case accordent d'avance, en points de popularité | 0,24 |
| \(\alpha\) | la part du gain promis accordée d'avance, avant la crédibilité | 0,5 |
| \(\kappa\) | la crédibilité des promesses du joueur | 0,6 |
| \(a_y\) | le poids du pouvoir d'achat dans la popularité (E12) | 0,5 |
| \(g\), \(l\) | ce que gagne la crédibilité quand une promesse est tenue, et ce qu'elle perd quand elle est rompue | 0,3 ; 0,5 |
| \(b\) | ce que coûte une promesse rompue, en multiple du gain accordé d'avance | 1,5 |
Voir la formule complète et ses sourcesLe catalogue des promesses, ce que les électeurs en attendent, l'engagement après l'élection, chaque paramètre avec sa source, ce que donne la France, et ce que l'équation laisse de côté.
Faire une promesse. Pendant sa campagne, le joueur choisit au plus promise_slots promesses (3) dans le catalogue, ou en fait une en débat (E31). Une promesse porte sur un poste du budget, dans un sens, d'au moins une ampleur, en points de PIB : « baisser la TVA d'un demi-point de PIB ». Son objectif est le niveau du poste le jour où elle est faite, plus ou moins l'ampleur, dans les bornes du levier ; un poste ne porte qu'une promesse à la fois.
Ce que les électeurs en attendent. Chaque case de la population sait ce qu'un poste du budget lui rapporte ou lui coûte (E27). Une promesse k faite et pas encore tenue change son revenu de
à la production et au chômage d'aujourd'hui ; les électeurs en accordent d'avance une part, au poids qu'a le pouvoir d'achat dans la popularité (E12), selon la crédibilité κk du joueur le jour de la promesse :
La cible de popularité du pays (E12, E28) gagne la moyenne des Ac,k sur ses électeurs, et celle de chaque groupe, la moyenne sur les siens (les poids d'E28), toutes les promesses de la campagne additionnées. Elles se recalculent le 1er de chaque mois et le jour d'une promesse, et s'arrêtent le jour où l'élection est décidée. Une promesse tenue avant le vote n'attend plus rien : ce que le poste rapporte passe alors par E27 et E28 comme toute décision.
Après l'élection. Si le camp du joueur l'a emporté — il garde la présidence ou le gouvernement à l'élection qui décide qui gouverne, ou la majorité à celle de l'assemblée (E22) —, chaque promesse devient un engagement, dû months mois après le jour de la décision (dans le catalogue, 24 mois). Elle est tenue le jour où le poste en vigueur atteint son objectif, rompue le jour de l'échéance s'il ne l'a pas atteint. Le parlement vote les postes du budget (E25) : une promesse peut se heurter à une majorité qui la refuse. Si le camp du joueur a perdu, ou si le joueur perd le pouvoir, ses promesses ne l'engagent plus.
Tenue, rompue. La crédibilité du joueur, la même pour toutes ses promesses et d'une campagne à l'autre, part de κ0 :
Une promesse rompue coûte d'un coup à chaque groupe, et au pays, b fois ce que le gain qui manque lui aurait valu d'avance, pertes comptées pour rien — le gain qui manque va du niveau du poste ce jour-là à l'objectif :
La popularité remonte ensuite vers sa cible au rythme d'E12.
| Variable | Sens | Unité | Bornes |
|---|---|---|---|
| κ | la crédibilité des promesses du joueur | — | 0 à 1 |
| A | ce que les électeurs accordent aux promesses de la campagne, pays et groupes | points de popularité | non contrôlée |
| les promesses | chacune : poste, sens, objectif, jour, crédibilité ce jour-là, échéance, état | — | état de la partie, dans son hash |
| Paramètre | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
promise_anticipation α | 0,5 | la part du gain promis accordée d'avance, avant la crédibilité ; aucune étude ne la mesure sous cette forme | |
promise_credibility_start κ0 | 0,6 | les partis au pouvoir tiennent une bonne part de leurs promesses, plus seuls qu'en coalition (Thomson et al. 2017), et les électeurs le croient moins qu'ils ne le font | |
promise_credibility_gain g | 0,3 du chemin jusqu'à 1 | une promesse tenue : de 0,6 à 0,72 | |
promise_credibility_loss l | 0,5 de la crédibilité | une promesse rompue : de 0,6 à 0,3 ; rompre coûte plus que tenir ne rapporte | |
promise_betrayal b | 1,5 fois le gain accordé d'avance | une perte pèse plus qu'un gain de même taille : Tversky et Kahneman (1992) estiment le rapport à 2,25 ; 1,5 est en dessous |
| Grandeur | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
campaign_days | 90 jours | un choix de jeu | |
promise_slots | 3 promesses | un choix de jeu | |
| le catalogue | sept promesses, sur les postes qui passent par les revenus des ménages (E27) : baisser la TVA, l'impôt sur le revenu, les cotisations, l'impôt sur les sociétés ; relever la taxe foncière, les retraites, les autres prestations | les données du jeu |
Ce que ça donne. Mesuré sur la France, le 18 janvier 2027, jour où la campagne s'ouvre (graine 1, sans chocs), à la crédibilité de départ : baisser la TVA d'un demi-point de PIB promet 1,6 % de revenu aux ménages modestes, 5,7 % aux chômeurs, 1,0 % aux retraités, et vaut d'avance 0,23 point de popularité au pays ; relever les autres prestations d'un demi-point, 8,1 % aux chômeurs et 0,27 point ; baisser l'impôt sur le revenu, 1,3 % aux ménages aisés, 0,3 % aux modestes et 0,10 point ; relever la taxe foncière en coûte 0,13. Trois promesses valent ainsi quelques dixièmes de point de popularité, soit un dixième de point du vote des deux camps (E15) : c'est l'ordre de grandeur de ce que le modèle accorde à la même mesure prise (E12), réduit d'avance par α et κ.
Pourquoi. C'est ce que la population en groupes permet : chacun sait ce qu'un poste lui rapporte, une baisse de TVA plaît à tous les quintiles, une baisse de l'impôt sur le revenu au dernier. Le dilemme vient d'E25 : le parlement peut refuser la mesure promise, et une coalition tient moins ses promesses qu'un parti seul (Thomson et al. 2017).
Ce que ça simplifie. Les promesses ne portent que sur des postes, pas sur des résultats (le chômage, la croissance), qui dépendraient trop du hasard. Les électeurs n'anticipent que l'effet direct sur leur revenu, pas ce que la mesure fera à l'économie ni au déficit. Les postes qui ne passent pas par les revenus des ménages (la santé, l'éducation, la défense, la sécurité, l'administration) ne promettent rien à personne dans E27 : ils ne sont pas au catalogue. Une promesse est tenue dès que le poste atteint l'objectif, même s'il en redescend ensuite. Les autres partis ne promettent rien. La rupture est un choc qui s'efface au rythme de la popularité, pas une rancune qui dure jusqu'à l'élection suivante. La crédibilité ne dépend pas de la coalition.
- Erikson, R. S. et Wlezien, C. (2012). The Timeline of Presidential Elections: How Campaigns Do (and Do Not) Matter. University of Chicago Press.
- Holbrook, T. M. (1996). Do Campaigns Matter? Sage Publications.
- Thomson, R., Royed, T., Naurin, E., Artés, J., Costello, R., Ennser-Jedenastik, L., Ferguson, M., Kostadinova, P., Moury, C., Pétry, F. et Praprotnik, K. (2017). « The Fulfillment of Parties' Election Pledges: A Comparative Study on the Impact of Power Sharing ». American Journal of Political Science, 61(3), p. 527-542.
- Tversky, A. et Kahneman, D. (1992). « Advances in Prospect Theory: Cumulative Representation of Uncertainty ». Journal of Risk and Uncertainty, 5(4), p. 297-323.
- Constitution du 4 octobre 1958, article 7.