Décisions et votes
Qui décide de chaque levier, et comment le parlement vote les décisions du joueur. Cette page couvre l'équation E25.
En clair
Selon le régime du pays, une décision du joueur revient au parlement, au gouvernement ou à la banque centrale, et seul le parlement vote. En démocratie, chaque changement du budget est d'abord déposé, puis voté 30 jours plus tard. Chaque parti a pour chaque poste un niveau idéal, d'autant plus éloigné du niveau de départ qu'il se tient loin du milieu sur le curseur du poste. Pour choisir son vote, il pèse de combien la mesure rapproche le poste de cet idéal, puis il en retire un coût qui croît vite avec l'ampleur du changement, et une crainte du déficit quand la mesure le creuse. Selon ce qui reste, il vote pour, contre, ou s'abstient. La mesure passe si les sièges pour dépassent les sièges contre. Le joueur peut aussi réunir plusieurs mesures dans une réforme, votée d'un bloc.
Dans la partie
L'onglet « Décisions » montre l'hémicycle et les projets en attente. Le joueur y fixe chaque poste de dépenses par sa part du budget (E26), chaque impôt par son taux (E35), et ce qui décide qui paie et qui reçoit (E29). Avant de déposer une mesure, il voit, parti par parti, qui voterait pour ou contre si l'on votait le jour même, puis les partis qui hésitent encore, la fourchette des sièges pour et contre, et la chance que la mesure passe le jour du vote. Une mesure adoptée s'applique le 1er du mois qui suit le vote, tandis qu'une mesure rejetée ne laisse qu'une nouvelle, avec les sièges pour et contre et le bulletin de chaque parti. En France, une baisse des retraites d'un point de PIB est rejetée avec 40 % des sièges pour et 60 % contre, alors qu'une hausse d'un demi-point passe avec 47 % des sièges pour. Porté à 90 %, le taux supérieur de l'impôt sur le revenu ne recueille aucune voix. Un joueur président en cohabitation garde ses leviers, mais ses mesures passent devant une Assemblée où le gouvernement adverse vote comme l'opposition. Quant au taux directeur, il revient à la banque centrale, qui ne vote pas.
Les bases
Dans la plupart des pays, le budget se vote, et un gouvernement ne peut pas changer les impôts ou les dépenses sans une majorité au parlement, la sienne ou une autre. Le taux directeur, lui, revient à la banque centrale.
Qui décide dépend du régime. Une règle générale vaut pour tous les pays d'un même régime, mais un pays peut avoir ses propres règles, qui passent alors avant celle de son régime.
| Régime | Postes du budget | Taux directeur | Délai du vote |
|---|---|---|---|
| démocratie | le parlement | la banque centrale | 30 jours |
| autocratie électorale | le parlement | la banque centrale | 15 jours |
| autocratie fermée | le gouvernement | le gouvernement | pas de vote |
Au Kirghizistan, en République démocratique du Congo et en Tunisie, le gouvernement décide du budget sans vote.
Chaque poste du budget divise les partis sur une question, qui est l'un de leurs douze curseurs (E19). Une hausse de ce poste pousse la politique vers l'un des bouts du curseur, et une baisse vers l'autre.
| Postes | Curseur | Une hausse va vers |
|---|---|---|
| retraites | Économie : État ou marché, et le populisme | plus d'État |
| autres prestations sociales, économie et infrastructures, impôt sur le revenu, cotisations sociales, impôt sur les sociétés, impôts sur le patrimoine | Économie : État ou marché | plus d'État |
| santé, éducation, administration, TVA | Dépenses ou impôts | plus de dépenses publiques |
| défense, droits de douane | Rapport au monde | nationalisme |
| sécurité et justice | Valeurs de société | valeurs conservatrices |
| accises | Environnement | pour sa protection |
| progressivité de l'impôt sur le revenu, minimum vieillesse | Économie : État ou marché | plus d'État |
| TVA de l'alimentation, de l'énergie et de l'eau, des médicaments | Économie : État ou marché | plus de marché |
Un impôt se vote sur le curseur de son poste, si bien que le taux normal de la TVA se vote comme la TVA, et celui de l'impôt sur les sociétés comme l'impôt sur les sociétés. Les taux de la TVA propres à l'alimentation, à l'énergie et aux médicaments font exception, puisque la gauche en vote la baisse et la droite la hausse.
Les retraites portent en plus un penchant, parce que les partis populistes les défendent, où qu'ils se placent sur l'économie. Une étude sur huit pays d'Europe de l'Ouest trouve en effet que les électeurs de la droite radicale soutiennent les dépenses de retraites autant que les autres, alors qu'ils s'opposent davantage aux dépenses pour les chômeurs, les familles ou l'éducation.
E25. Qui décide, et le vote d'une mesure
En clair
Chaque parti a pour chaque poste un penchant, qui est sa place sur le curseur du poste, comptée du milieu vers le bout où pousse une hausse et rapportée à la moitié de l'échelle. Pour les retraites, un parti populiste y ajoute, en faveur d'une hausse, la moitié de son écart au milieu du curseur du populisme. Ce penchant place le niveau idéal du parti. L'idéal part du niveau où le pays a commencé la partie, et s'en écarte du penchant multiplié par l'écart entre les pays sur ce poste, de sorte qu'un parti au bout de son curseur voudrait déplacer son pays d'autant que les pays sont écartés les uns des autres. L'enjeu d'une mesure pour le parti tient d'abord à la distance dont elle rapproche le poste de son idéal, multipliée par la force de son penchant. S'en retranchent un coût du changement, le même pour tous, qui croît comme le carré de l'ampleur, et, si la mesure creuse le déficit, 0,2 par point de déficit pour un parti au milieu, jusqu'au double pour un parti de la rigueur. Le parti qui dirige le gouvernement vote sa mesure tant qu'elle ne lui coûte pas plus de 3, et un partenaire tant qu'elle ne lui coûte pas plus de 0,5. Au-delà, chacun s'abstient, et au double il vote contre. Un parti d'opposition, lui, retire 0,05 à son enjeu, puis vote pour au-dessus de 0,1, contre au-dessous de −0,1, et s'abstient entre les deux. Là où le joueur compose son gouvernement, la tolérance d'un partenaire grandit ou diminue avec les postes que son parti a reçus et avec ce que ses ministres pensent du joueur. Le jour du vote, enfin, l'enjeu de chaque parti bouge encore un peu, de 0,02 au plus dans un sens ou dans l'autre. Un parti dont l'enjeu est tout près d'un de ses seuils peut donc basculer d'un bulletin à l'autre, alors que tous les autres votent comme la règle le dit, à coup sûr.
Le gouvernement propose de baisser les retraites d'un point de PIB. Sur le curseur de l'économie, le Ralliement de la Nation est à 55, un peu du côté du marché, vers lequel va la baisse, ce qui lui donne un penchant de −(55 − 50) / 50 = −0,1. Mais il est à 92,5 sur le populisme, ce qui ajoute 0,5 × (92,5 − 50) / 50 = 0,425 en faveur d'une hausse. Son penchant total vaut donc 0,325, et son idéal se trouve au-dessus du niveau de départ. La baisse l'en éloigne d'un point, ce qui lui coûte 0,325 × 1 = 0,325, plus 0,02 pour le changement d'un point. Comme la baisse ne creuse pas le déficit, la crainte du déficit ne joue pas, et son enjeu vaut −0,345. Dans l'opposition, il retire encore 0,05, arrive à −0,395, sous −0,1, et vote contre. Héritage républicain, à 80 sur l'économie et peu populiste, a un penchant de −0,6 et un idéal sous le niveau de départ. Son enjeu vaut 0,6 − 0,02 = 0,58, et il vote pour. Au total, la mesure recueille 40 % des sièges pour et 60 % contre, et elle est rejetée.
L'idéal et le coût du changement arrêtent les mesures démesurées. Le studio les a retenus parce qu'avec une règle plus simple, où l'enjeu croissait sans limite avec l'ampleur, le parti qui dirige votait tout, et un impôt porté à 100 % passait comme une hausse d'un point dès que la majorité voulait une hausse.
Porter le taux supérieur de l'impôt sur le revenu de 55,4 à 90 % ne rapporterait que 1,1 point de PIB de plus, parce que l'assiette répond. Sur l'assiette d'aujourd'hui, l'impôt pèse pourtant 5,8 points de plus, et c'est ce que les partis lisent. Pour un impôt fixé par son taux, le coût du changement se compte en points de taux, à 0,01 par point au carré, si bien que les 34,6 points de taux coûtent 0,01 × 34,6² ≈ 12 à chaque parti et qu'aucun ne vote la mesure, pas même celui qui dirige. Le studio fait lire aux partis ce poids et cet écart de taux plutôt que la recette, parce que la recette plafonne quand le taux monte, et que, lus sur la recette, un impôt sur le revenu à 90 % ou une douane à 100 % paraissaient de petites mesures et passaient.
Dans la formule :
| Symbole | Ce que c'est | Dans l'exemple |
|---|---|---|
| \(\lambda_k\) | le penchant du parti \(k\) pour une hausse du poste | 0,325 |
| \(x_k\), \(n\), \(h\) | la position du parti sur le curseur du poste, le milieu du curseur, la moitié de l'échelle | 55 ; 50 ; 50 |
| \(\sigma\) | +1 si une hausse pousse vers le haut du curseur, −1 vers le bas | −1 |
| \(w\), \(y_k\) | le poids du penchant populiste, et la position du parti sur le populisme | 0,5 ; 92,5 |
| \(v^*_k\) | le niveau idéal du poste pour le parti | au-dessus du départ |
| \(v_0\), \(S\), \(r\) | le niveau du poste au départ, l'écart entre les pays sur ce poste, et la portée de l'idéal | \(r = 1\) |
| \(v\), \(v'\), \(\Delta\) | la valeur en vigueur, la valeur demandée, et leur écart | \(\Delta = -1\) |
| \(e_k\) | l'enjeu de la mesure pour le parti | −0,345 |
| \(c\), \(c_\tau\) | le coût du changement par point au carré, et par point de taux au carré pour un impôt | 0,02 ; 0,01 |
| \(\Delta B\), \(d\), \(\rho_k\) | ce que la mesure fait au solde, le coût d'un point de déficit, et la place du parti vers la rigueur, de −1 à 1 | +1 ; 0,2 |
| \(b_k\) | le vote du parti : pour, contre ou abstention | contre |
| \(T\), \(t\) | ce que le parti qui dirige, et un partenaire, acceptent de perdre avant de s'abstenir | 3 ; 0,5 |
| \(o\) | le biais de l'opposition contre le gouvernement | 0,05 |
| \(i\) | le seuil d'indifférence, sous lequel un parti s'abstient | 0,1 |
| \(s_k\) | les sièges du parti |
La réforme
En clair
Chaque mesure se vote seule, sauf quand le joueur en réunit plusieurs dans une réforme, qu'il nomme. Les mesures sont alors déposées ensemble et votées d'un bloc, si bien que tout passe, ou rien. Chaque parti additionne ses enjeux dans les mesures de la réforme, puis vote sur la somme comme sur une mesure seule, et l'opposition ne retire son biais qu'une fois. Un parti peut ainsi accepter ce qui le gêne peu pour ce qui lui tient à cœur, mais des partis qui ne rejettent chacun qu'un morceau peuvent aussi rejeter ensemble le tout. Le taux directeur n'entre pas dans une réforme, puisqu'il n'est pas voté.
Prenons une réforme qui relève les retraites d'un demi-point, baisse les autres prestations d'un demi-point et porte la TVA à 22 %. Dans l'Assemblée française, chacune de ces mesures passe seule, mais réunies, elles sont rejetées. L'inverse arrive aussi. Une baisse des retraites d'un demi-point, rejetée seule, passe quand elle est accompagnée d'une baisse des autres prestations d'un demi-point et d'une TVA ramenée à 18 %.
Dans la formule :
| Symbole | Ce que c'est |
|---|---|
| \(c_k\) | l'enjeu de la réforme pour le parti \(k\), la somme de ses enjeux dans chaque mesure |
| \(e_{k,j}\) | l'enjeu du parti \(k\) dans la mesure \(j\) seule |
Voir la formule complète et ses sourcesQui décide, le dépôt, le vote, le curseur de chaque poste, la réforme, chaque paramètre avec sa source, et ce que l'équation laisse de côté.
Chaque levier du joueur — les quinze postes du budget (E26) et le taux directeur — est tenu par un décideur : le parlement, le gouvernement ou la banque centrale. Seul le parlement vote. Qui décide dépend du régime du pays, par une règle générale écrite dans les données du jeu ; un pays peut recevoir ses propres règles, qui passent alors avant celles de son régime. Une décision que rien ne nomme est celle du gouvernement.
| Régime | Postes du budget | Taux directeur | Délai du vote |
|---|---|---|---|
| démocratie | le parlement | la banque centrale | 30 jours |
| autocratie électorale | le parlement | la banque centrale | 15 jours |
| autocratie fermée | le gouvernement | le gouvernement | — |
Le dépôt. Une décision que le parlement vote n'est pas prise sur-le-champ : elle est déposée comme projet, et votée D jours plus tard. Une décision qui ne rencontre aucun vote — celle du gouvernement ou de la banque centrale, celle d'un pays dont aucun parti n'a de siège, ou celle qui ne change rien à la valeur en vigueur — s'applique le 1er du mois suivant, comme toute décision du joueur.
Le vote. Le jour dit, chaque parti k qui a des sièges vote, sur les sièges de ce jour et contre la valeur en vigueur ce jour-là. Il regarde d'abord de combien il veut le levier : son penchant λk, sa place sur le curseur du levier, de la valeur neutre vers le pôle où pousse une hausse, en fraction de la demi-échelle.
xk est la position du parti sur le curseur du levier, n la valeur neutre de ce curseur et h sa demi-échelle (50 sur 100) ; σ vaut +1 quand une hausse du levier pousse la politique vers le pôle haut du curseur, −1 vers le pôle bas. Positif, le parti veut le levier plus haut ; négatif, plus bas. Le second terme est le penchant qu'un levier peut porter : les partis d'un côté d'un second curseur y favorisent sa hausse, quelle que soit leur place sur le premier ; w est son poids, et seuls les partis au-delà de la valeur neutre ny, du côté qu'il nomme, en reçoivent un. Aujourd'hui, un seul levier en porte : les retraites, que les partis populistes favorisent (ci-dessous).
Ce penchant place le niveau idéal du parti, autour du niveau où le pays a commencé la partie :
v0 est la valeur du levier au premier jour de la partie ; S l'écart entre les pays sur ce poste, du 10e au 90e centile de leurs valeurs de départ, sur les pays dont les données mesurent le budget (6,2 points de PIB pour l'impôt sur le revenu, 2,3 pour la défense, 0,9 pour la sécurité et la justice) ; r est la portée (ballot_ideal_reach). Un parti au bout de son curseur déplacerait son pays d'autant que les pays sont écartés les uns des autres ; un parti au centre veut le niveau de départ.
L'enjeu d'une mesure, qui porte le levier de la valeur en vigueur v à la valeur demandée v′, Δ = v′ − v (Δτ, pour un impôt fixé par son taux, est l'écart entre le taux demandé et le taux en vigueur) :
- Le rapprochement. Le premier terme dit de combien la mesure rapproche le levier de l'idéal du parti, fois l'intensité de son penchant. Tant qu'elle ne dépasse pas l'idéal, il vaut |λk| |Δ| dans le sens que le parti veut, et −|λk| |Δ| dans l'autre. Au-delà de l'idéal, chaque point de trop coûte autant qu'un point gagné.
- Le coût du changement. c (
ballot_shock_cost) est le même pour tous les partis : un grand changement inquiète même ceux qui en veulent la direction. Il croît comme le carré de l'ampleur : 0,02 pour un point, 2 pour dix, 162 pour quatre-vingt-dix. Pour un impôt fixé par son taux, il se compte sur l'écart de taux Δτ, en points, à cτ (ballot_rate_shock_cost) : 0,01 pour un point, 1 pour dix, 4 pour vingt. Compté sur la recette, qui plafonne quand le taux monte, une hausse démesurée paraîtrait petite. - La crainte du déficit. ΔB est ce que la mesure fait au solde public, en points de PIB : +Δ pour un poste de recettes, −Δ pour un poste de dépenses. Seul un déficit creusé compte : une mesure qui réduit le déficit se juge sur le reste. d (
ballot_deficit_weight) est ce que coûte un point de déficit à un parti au centre du curseur de la crainte, écrit dans les données du jeu : le curseur des dépenses publiques,spending_taxes, du côté des moindres dépenses. ρk est la place du parti vers ce côté, de −1 à 1 : le coût va de rien, pour un parti au bout des dépenses, au double, pour un parti au bout de la rigueur.
Puis il vote :
Le jour du vote, l'enjeu de chaque parti bouge un peu. Le bulletin ci-dessus se lit sur l'enjeu du jour :
s (ballot_swing) est le plus grand déplacement, dans un sens ou dans l'autre ; chaque valeur de l'intervalle est aussi probable qu'une autre, et chaque parti a son propre tirage. Le vote n'est donc pas tiré au sort : un parti dont l'enjeu est à plus de s de chacun de ses seuils vote comme la règle le dit, à coup sûr. Seul hésite un parti dont l'enjeu est à moins de s d'un seuil, entre les deux bulletins que ce seuil sépare ; sa chance de voter pour est
où ℓ est son seuil du vote pour (−T pour le parti qui dirige, −t pour un partenaire, o + i pour l'opposition), et de même pour le vote contre. Le tirage ne passe pas par le générateur de la partie : il est calculé à partir de la graine, du jour du vote, du pays, du rang du projet parmi ceux que le pays vote ce jour-là, et du parti. La même partie vote donc de la même façon sur toutes les machines et à chaque rejeu, et rien de ce que le joueur dépose ne déplace les chocs du monde.
Avant le vote, l'estimation dit sa marge. Ce que le joueur lit en préparant une mesure, et pour chacun de ses projets déposés, est le vote tel que chaque parti pèse la mesure aujourd'hui (ε = 0), puis ce que le jour du vote peut encore déplacer :
- les partis qui hésitent : ceux qui ont des sièges et plus d'un bulletin possible ;
- la fourchette des sièges pour, et contre : du total des partis sûrs de ce bulletin au total de tous ceux qui peuvent le prendre ;
- la chance d'adoption : le poids de toutes les façons dont les partis qui hésitent peuvent voter et qui laissent plus de sièges pour que contre, chaque parti tirant de son côté. Comptée exactement jusqu'à dix partis qui hésitent ; au-delà, sur 4 096 votes tirés d'une suite fixe, la même pour toutes les parties, donc à un point près.
Quand personne n'hésite, l'estimation est le vote : il n'y a ni fourchette ni chance à dire.
La tolérance d'un partenaire dépend de sa place au gouvernement. Là où le joueur compose son gouvernement, la tolérance t d'un partenaire est multipliée par ce que son parti a reçu de postes et par ce que ses ministres pensent du joueur (E41) ; servi à proportion de ses sièges, et ses ministres neutres, elle est celle écrite ici.
Le parti qui dirige le gouvernement vote sa mesure tant qu'elle ne lui coûte pas plus que sa tolérance T (ballot_head_tolerance) : la mesure est la sienne, il en supporte davantage qu'un partenaire ; au-delà il s'abstient, et vote contre au double. Quand le joueur tient la présidence en cohabitation (E22), la mesure est celle du parti du président, seul : il la vote dans les mêmes limites, et tous les autres, ceux du gouvernement compris, la votent comme l'opposition. Un partenaire de coalition la vote tant qu'elle ne lui coûte pas plus que sa tolérance t (ballot_junior_tolerance) ; au-delà il s'abstient, et vote contre au double. L'opposition retire de son enjeu un biais o (ballot_opposition_bias) : elle vote contre le gouvernement un peu plus souvent que ses positions ne le diraient. En dessous du seuil d'indifférence i (ballot_indifference), dans un sens comme dans l'autre, un parti s'abstient.
Un exemple. L'impôt sur le revenu de la France commence à 9,0 points de PIB, et l'écart entre les pays y est de 6,2 points. Un parti de gauche au penchant de 0,8 place son idéal vers 14 points. Un point de plus lui vaut 0,8, moins 0,02 de changement : il vote pour. Porté à 100, l'impôt finit 86 points au-delà de son idéal, dont il n'était qu'à 5 : l'enjeu vaut 0,8 × (5 − 86) = −64,8, et le changement coûte 0,02 × 91² ≈ 166 de plus. Il vote contre, comme tous les autres partis, celui du gouvernement compris.
Un impôt par son taux. En France au départ, porter le taux supérieur de l'impôt sur le revenu de 55,4 à 90 % ne rapporterait que 1,1 point de PIB de plus, l'assiette répondant. Sur l'assiette d'aujourd'hui, il pèse 5,8 points de plus, et ses 34,6 points de taux coûtent 0,01 × 34,6² ≈ 12 à chaque parti : aucun ne le vote.
Le curseur de chaque levier est écrit dans les données du jeu, avec le pôle vers lequel une hausse pousse la politique ; une baisse pousse vers l'autre. Un impôt (E35) se vote sur le curseur du poste dont il fait partie, en points de PIB : v est ce qu'il rapporte aujourd'hui, v′ ce qu'il pèserait au taux demandé sur l'assiette que laisse le taux en vigueur — ce qu'il rapporte aujourd'hui, en proportion du taux —, v0 et S ce qu'il rapportait au départ et l'écart entre les pays sur ce qu'il rapporte. Une hausse de taux reste ainsi une hausse, même au-delà du taux qui rapporte le plus, où la recette baisse. ΔB, lui, est ce que le poste gagne vraiment une fois l'assiette répondue. Le coût du changement se compte sur l'écart de taux Δτ ; un impôt fixé par le niveau de son barème, qui n'a pas de taux à lire, le compte en points de PIB, comme un poste.
| Postes | Curseur (E19) | Une hausse va vers |
|---|---|---|
| retraites | economic_left_right, avec le penchant des partis populistes (populism au-dessus de sa valeur neutre, poids 0,5) | « plus d'État » |
| autres prestations sociales, économie et infrastructures, impôt sur le revenu, cotisations sociales, impôt sur les sociétés, patrimoine | economic_left_right | « plus d'État » |
| santé, éducation, administration, TVA | spending_taxes | « plus de dépenses publiques » |
| défense, droits de douane | nationalism | « nationalisme » |
| sécurité et justice | social_values | « valeurs conservatrices » |
| accises | environment | « pour la protection de l'environnement » |
| progressivité de l'impôt sur le revenu, minimum vieillesse (E29) | economic_left_right | « plus d'État » |
TVA de l'alimentation, de l'énergie et de l'eau, des médicaments (vat_essentials, E38) | economic_left_right | « libéralisme économique » : la gauche vote la baisse de ces taux, la droite leur hausse |
Pour les trois leviers d'E29, qui changent qui paie un poste ou qui le reçoit (E29), v, v′ et l'idéal se comptent en points de production qu'ils font passer d'un quintile à d'autres, depuis la répartition des données, du signe du levier : le pays part de zéro (v0 = 0), et l'écart S est ce que le levier peut déplacer au plus dans ce pays, à l'un de ses bouts — un parti au bout de son curseur porterait le levier à ce bout. ΔB est ce que la réponse des gens fait au poste : la recette que les plus aisés ne déclarent plus, l'aide que personne ne demande.
La mesure est adoptée quand les sièges pour dépassent les sièges contre :
Une égalité la rejette. Adoptée, elle s'applique le 1er du mois qui suit le vote ; rejetée, elle ne laisse rien, sinon la nouvelle du vote, avec ses sièges pour et contre et le bulletin de chaque parti, tel qu'il a été déposé ce jour-là. Un projet qui ne rencontre plus de vote le jour dit — plus rien à changer, plus de parlement — passe.
La réforme. Chaque mesure se vote seule, sauf quand le joueur en réunit plusieurs dans une réforme, qu'il nomme : des postes du budget (E26), chacun une fois, déposés ensemble et votés d'un bloc, le même jour. Tout passe, ou rien. Chaque parti additionne ses enjeux dans les mesures j de la réforme, chacun calculé comme pour la mesure seule, et vote sur la somme comme sur une seule mesure :
ek,j est l'enjeu du parti k dans la mesure j seule (sa position, le sens et l'ampleur de la mesure). Le bulletin bk suit les règles d'une mesure seule, appliquées à ck : le parti qui dirige tolère jusqu'à T, un partenaire junior jusqu'à t, un parti d'opposition retire son biais o une seule fois et s'abstient sous le seuil i. La réforme est adoptée comme une mesure seule. Une réforme qui ne rencontre aucun vote — celle d'un pays dont le gouvernement décide seul — s'applique tout entière le 1er du mois suivant. Le taux directeur, qui n'est pas voté, n'entre pas dans une réforme.
| Variable | Sens | Unité | Bornes |
|---|---|---|---|
| les projets | les décisions du joueur devant le parlement : une mesure (levier, valeur), ou une réforme (son nom, ses postes et leurs valeurs) ; jour du dépôt, jour du vote | — | état de la partie, dans son hash quand il y en a |
| λk | le penchant d'un parti pour la hausse d'un levier | demi-échelle | de −1 à 1, plus le penchant d'un second curseur |
| v*k | le niveau idéal du levier pour un parti | points de PIB | — |
| v0, S | la valeur du levier au premier jour ; l'écart entre les pays sur ce poste, du 10e au 90e centile des valeurs de départ, calculé au chargement sur les pays dont les données mesurent le budget | points de PIB | — |
| ΔB | ce que la mesure fait au solde public : +Δ pour un poste de recettes, −Δ pour un poste de dépenses | points de PIB | — |
| Δτ | pour un impôt fixé par son taux, l'écart entre le taux demandé et le taux en vigueur | points de taux | — |
| ek | l'enjeu d'une mesure pour un parti | enjeu (demi-échelle × points) | — |
| bk | le bulletin de chaque parti | pour, contre, abstention | — |
| εk | ce dont l'enjeu d'un parti bouge le jour du vote | enjeu | de −s à s ; tiré à part du générateur de la partie, il n'est pas dans son état |
| la chance d'adoption | la chance qu'un projet passe le jour de son vote, vue d'aujourd'hui | — | de 0 à 1 ; lue de l'état, sans rien y ajouter |
| ck | l'enjeu d'une réforme pour un parti : la somme de ses enjeux dans chacune de ses mesures | enjeu (demi-échelle × points) | — |
| Paramètre | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
| le décideur de chaque levier | par régime, et par pays s'il le faut | la règle générale : le budget se vote là où un parlement vote, le taux est celui de la banque centrale, une autocratie fermée décide seule | |
| le curseur de chaque levier | le tableau plus haut | les curseurs du Global Party Survey (E19) ; celui de chaque poste est un choix du studio, sur le principe qu'un poste se juge sur la question qui le divise | |
| le penchant populiste des retraites w | 0,5, sur le curseur populism | dans huit pays d'Europe de l'Ouest, les électeurs de la droite radicale populiste ne sont pas moins favorables que les autres à plus de dépenses de retraites et de santé, et plus favorables que ceux des démocrates-chrétiens, des libéraux et des verts pour les retraites ; ils s'opposent en revanche aux dépenses pour les pauvres, les chômeurs, les familles et l'éducation (Busemeyer, Rathgeb et Sahm 2022, figure 2 et tableau A12). Aucune source ouverte ne mesure la position des partis sur la protection sociale : le Global Party Survey n'en a pas de question, et les sources qui en ont une ne permettent pas un usage commercial. Le poids, qui fait valoir à un parti au sommet de l'échelle populiste une demi-échelle de plus vers les retraites, est un choix | |
ballot_indifference i | 0,1 | le vote spatial (Poole et Rosenthal 1985) : on vote ce qui rapproche la politique de sa position, et une mesure qui ne la déplace presque pas laisse indifférent ; aucune étude ne donne le seuil sur ces curseurs | |
ballot_opposition_bias o | 0,05 | dans les régimes parlementaires, le premier clivage des votes oppose gouvernement et opposition, avant la gauche et la droite (Hix et Noury 2016) ; la force du biais, en enjeu, est un choix, plus petit que i pour qu'une petite mesure fasse s'abstenir l'opposition plutôt que voter contre | |
ballot_junior_tolerance t | 0,5 | les partis de gouvernement votent presque toujours ensemble (Carey 2007) ; un partenaire s'abstient sur une mesure d'un point à mi-chemin du pôle opposé : un choix | |
ballot_head_tolerance T | 3 | le parti qui dirige vote sa mesure tant qu'elle lui coûte moins que trois points au-delà de son idéal, pour un parti au bout de son curseur ; plus large que celle d'un partenaire parce que la mesure est la sienne, assez étroite pour qu'un gouvernement ne fasse pas passer seul une mesure absurde : un choix | |
ballot_ideal_reach r | 1 | le vote par proximité : chaque parti a un niveau idéal et préfère ce qui l'en rapproche (Enelow et Hinich 1984) ; les données ne donnent pas cet idéal en points de PIB, et il est construit : un parti au bout de son curseur déplacerait son pays d'autant que les pays sont écartés les uns des autres, du 10e au 90e centile : un choix | |
ballot_shock_cost c | 0,02 | plus un changement est grand, plus il trouve d'acteurs pour s'y opposer, et plus le statu quo est stable (Tsebelis 2002) ; l'étude ne donne pas de coût : un point coûte 0,02, dix points 2, assez peu pour ne pas changer le vote d'une petite mesure : un choix | |
ballot_rate_shock_cost cτ | 0,01 | le coût du changement d'un impôt fixé par son taux, compté sur l'écart de taux (Tsebelis 2002 ne donne pas de coût) : cinq points coûtent 0,25, dix points 1, vingt points 4 ; vers dix-sept points, le changement seul coûte ce que le parti qui dirige tolère de sa propre mesure. Mesuré sur la France, l'Allemagne et les États-Unis au départ : à 0,005, dix points passaient presque partout ; à 0,02, cinq points échouaient déjà souvent : un choix | |
ballot_deficit_weight d | 0,2 | un point de déficit creusé coûte 0,2 à un parti au centre du curseur des dépenses publiques, jusqu'à 0,4 à un parti au bout de la rigueur ; assez peu pour qu'un parti de droite vote encore une baisse d'impôt qu'il veut, assez pour qu'une dépense non financée hésite ; une mesure qui réduit le déficit ne rapporte rien de plus, sans quoi les partis de rigueur voteraient une hausse d'impôt sans fin : un choix | |
ballot_swing s | 0,02 | aucune étude ne donne, sur ces curseurs, la part d'imprévu d'un vote ; un cinquième du seuil d'indifférence i, pour que seul hésite un parti dont l'enjeu est tout près d'un seuil. Demandé par le studio : une marge d'erreur à l'estimation du vote, sans que le vote soit « entièrement aléatoire ». Mesuré au premier jour, ci-dessous | |
| le curseur de la crainte du déficit | spending_taxes, du côté des moindres dépenses (balance_concern) | les partis qui veulent moins de dépenses publiques sont ceux que le déficit inquiète le plus : un choix du studio | |
vote_days D | 30 jours en démocratie, 15 en autocratie électorale | en France, le Parlement a soixante-dix jours pour voter la loi de finances (Constitution, art. 47) ; une mesure isolée en prend moins | |
| la règle d'une réforme | la somme des enjeux, jugée comme une seule mesure | l'enjeu contient déjà l'ampleur de chaque mesure et l'intensité du parti sur son curseur : trois mesures minuscules et populaires ne font pas passer une grosse mesure impopulaire, et un parti peut accepter ce qui le gêne peu pour ce qui lui tient à cœur, ce que fait le marchandage des votes |
Ce que donne la marge du jour du vote. Au premier jour, chaque levier voté est déplacé de 0,5 et de 2 dans son unité, à la baisse et à la hausse. Une mesure est sûre quand sa chance d'adoption vaut 0 ou 1 ; les autres peuvent se retourner contre le verdict d'aujourd'hui.
| Pays | Mesures votées | Adoptées à coup sûr | Rejetées à coup sûr | Peuvent se retourner | leur chance moyenne | Partis qui hésitent, au plus |
|---|---|---|---|---|---|---|
| France | 198 | 134 | 32 | 32 | 58 % | 6 |
| Allemagne | 194 | 184 | 8 | 2 | 63 % | 3 |
| Italie | 186 | 174 | 4 | 8 | près de 100 % | 5 |
| Royaume-Uni | 184 | 179 | 0 | 5 | près de 100 % | 5 |
| Brésil | 188 | 156 | 18 | 14 | 58 % | 2 |
| États-Unis | 214 | 214 | 0 | 0 | — | 1 |
La France est le cas dur : son gouvernement tient 30 % des sièges, et ses projets passent parce que l'opposition s'abstient. Une mesure sur six y est laissée au jour du vote ; cinq sur six restent sûres. Là où le gouvernement a sa majorité, presque rien ne bouge. La taille de s décide de tout cela :
| s | France | Allemagne | Italie | Royaume-Uni | Brésil | États-Unis |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 0,01 | 16 | 1 | 3 | 1 | 6 | 0 |
| 0,02 | 32 | 2 | 8 | 5 | 14 | 0 |
| 0,04 | 60 | 5 | 9 | 3 | 20 | 0 |
| 0,05 | 118 | 4 | 22 | 12 | 30 | 0 |
(mesures qui peuvent se retourner, sur les mêmes totaux ; la ligne à 0,05 a été mesurée avant les lois des migrations, quand la France votait 166 mesures et non 198, et la mesure ne la rend plus ; les trois parties de la défense en ont ajouté douze). À 0,05, sept mesures sur dix étaient incertaines en France : au-delà de l'écart entre le biais de l'opposition et son seuil (i − o = 0,05), un parti que la mesure laisse indifférent peut déjà voter contre. C'est le premier chiffre à régler.
Pourquoi. Dans un vrai pays, le budget se vote, et un gouvernement ne le fait pas passer sans une majorité, la sienne ou une autre. Pour que le joueur voie ce qui l'attend, le vote prend du temps, et l'on sait, parti par parti, qui voterait pour et contre si l'on votait aujourd'hui. La règle qui fait voter un parti vient du vote spatial (Downs 1957 ; Enelow et Hinich 1984 ; Poole et Rosenthal 1985) : on vote ce qui rapproche la politique de sa position, d'autant plus nettement qu'elle l'en rapproche beaucoup. Les données ne disent pas où chaque parti place, en points de PIB, le niveau qu'il souhaite : il est construit, autour du niveau où le pays commence, d'autant plus loin que le parti est loin du centre, à l'échelle de ce qui sépare les pays. La règle générale ne bloque pas les gouvernements minoritaires, qui sont nombreux au départ : 77 gouvernements sur 165 tiennent au plus la moitié des sièges, dont ceux de la France, de l'Espagne et de la Suède.
Ce que ça simplifie. Chaque parti vote d'un bloc, sans fronde de ses élus ; un levier se juge sur un seul curseur. L'imprévu du jour du vote est un seul nombre, le même pour tous les partis, tous les pays et tous les textes : il ne dépend ni de la taille du parti, ni de sa discipline, ni de ce qui s'est passé entre le dépôt et le vote, et les tirages des partis sont indépendants les uns des autres — pas de vague qui emporterait toute l'opposition. Un parti qui hésite bascule tout entier : ses élus ne se partagent pas. La loi est uniforme sur son intervalle, sans queue : passé s, il n'y a aucune surprise, ce qu'aucun parlement ne garantit. Et la chance d'adoption dite avant le vote est celle d'un vote tenu aujourd'hui : entre le dépôt et le vote, l'économie, les sièges et les avis des ministres bougent encore, et l'estimation avec eux. L'idéal d'un parti est construit, pas mesuré : il suppose que chaque parti veut son pays là où il commence la partie, déplacé selon sa place sur ce seul curseur, que l'écart entre les pays donne l'échelle de ce qu'un parti peut vouloir, et il ne bouge plus quand le pays change. Le coût du changement est le même pour tous les partis et tous les postes ; il ne dépend que de l'ampleur. La crainte du déficit ne regarde que ce que la mesure fait au solde, pas la dette ni les taux : un pays très endetté ne la craint pas davantage. Les effets de la mesure sur la croissance, le chômage ou les prix ne sont pas prévus. Le biais de l'opposition est le même pour tous ses partis, sans marchandage ni vote de soutien négocié. Pas de seconde lecture, de navette entre deux chambres, de veto, de procédure d'urgence (le 49.3 français), ni de censure attachée à un texte : la motion de censure d'E44 ne vise que le gouvernement. Le délai est le même pour toutes les mesures d'un régime. Les gouvernements sans joueur ne déposent rien : leur budget suit leur règle (E9, E24). Le penchant populiste des retraites s'appuie sur une étude des électeurs de la droite radicale européenne, mais passe par le curseur du populisme : il vaut aussi pour la gauche populiste, déjà favorable aux retraites par sa place à gauche, et pour les populistes hors d'Europe, que l'étude ne couvre pas ; les autres prestations, que la droite radicale veut réserver aux « méritants », gardent le seul curseur gauche-droite. Dans une réforme, un parti ne marchande pas : il ne demande pas qu'on retire la mesure qui le gêne, il pèse le tout, et ses enjeux s'additionnent sans plafond ni rendement décroissant. Aucune règle d'agrégation ne garantit qu'une réforme dont chaque mesure passerait seule passe entière, ni l'inverse : des partis qui rejettent chacun une mesure différente peuvent faire ensemble une majorité contre le tout. Un point de taux coûte autant pour tous les impôts, alors qu'un point de TVA pèse en France deux fois plus de PIB qu'un point du taux supérieur de l'impôt sur le revenu ; le poids d'un taux tient l'assiette d'aujourd'hui pour immobile, comme si les partis ne prévoyaient pas qu'elle réponde. Sur un impôt que peu de pays lèvent vraiment (la fortune, les successions), l'écart entre les pays est presque nul : chaque parti y veut le niveau de départ, et la gauche vote contre sa hausse.