Opinion et élections
Ce qui relie l'économie à la survie du gouvernement. Cette page couvre les équations E12, E14 et E15.
En clair
La popularité du gouvernement dépend du chômage, de l'inflation et du pouvoir d'achat, comparés à ce qu'ils étaient à son arrivée, et elle s'use avec le temps. Chaque groupe de la population s'en écarte selon ce que son propre revenu est devenu, si bien que la popularité du pays est la moyenne de ses électeurs (E12, E28). Le pouvoir d'achat, lui, mesure la croissance sur un an du revenu des ménages après impôts et prestations (E14). Le jour de l'élection, la popularité et la croissance donnent un score attendu auquel s'ajoute une part de hasard, et c'est ce score qui dit si le camp au pouvoir perd (E15). Les partis disent ensuite qui gagne des voix et qui gouverne (E20 à E22).
Dans la partie
Le joueur perd le pouvoir quand son parti ne tient plus ni la présidence ni la tête du gouvernement, qu'il soit battu à une élection ou renversé après un défaut (E22), mais il peut alors reprendre la partie avec le parti vainqueur. Chaque pays vote selon son propre calendrier. La France élit son président le 2 mai 2027 et son Assemblée en juillet 2029, tandis que les États-Unis votent le 7 novembre 2028. Une relance placée huit mois avant l'élection de 2027 la fait perdre moins souvent que la même relance placée seize mois avant, parce que le pouvoir d'achat se mesure sur douze mois (§7.4). Dans les trois mois qui précèdent une élection où il est jugé, le joueur fait campagne, avec des débats et des promesses (E30 à E32).
Les bases
La popularité est la part des gens qui approuvent le gouvernement, comme dans les sondages. Les études sur les sondages montrent qu'elle suit surtout deux chiffres, le chômage et l'inflation. Le jeu y ajoute le pouvoir d'achat, ainsi que l'usure du pouvoir, qui fait perdre à un gouvernement un peu de popularité chaque année, même quand tout va bien.
Tout se mesure depuis l'arrivée au pouvoir, parce qu'un gouvernement est jugé sur ce qu'il a fait de l'économie dont il a hérité, et non sur son niveau absolu.
Le pouvoir d'achat compare le revenu des ménages à celui d'il y a un an. Une baisse d'impôts le fait monter pendant douze mois, puis l'effet sort de la comparaison, de sorte qu'elle doit tomber quelques mois avant le vote pour compter ce jour-là.
Tout le monde ne juge pas le gouvernement de la même façon, et un retraité dont la pension baisse le juge plus durement que la moyenne. Le jeu suit donc l'avis de chaque groupe de la population, et la popularité du pays est la moyenne de ses électeurs (E28).
Le jour de l'élection, un gouvernement populaire dans une économie en croissance part favori, mais après deux mandats, les électeurs ont tendance à vouloir changer. Il n'est de toute façon pas sûr de gagner, car une part du vote ne s'explique pas par l'économie. Le jeu la représente par un tirage au sort dont l'écart typique vaut trois points de vote, alors qu'une relance bien placée en rapporte environ un. Le studio garde ce hasard parce qu'il est réaliste, mais il sait qu'un joueur peut vivre le résultat comme de la malchance.
E12. La popularité
En clair
Tout nouveau gouvernement commence à 50 %. Il perd ensuite 0,6 point pour chaque point de chômage en plus depuis son arrivée et 0,6 point pour chaque point d'inflation en plus, tandis qu'il gagne 0,5 point pour chaque point de pouvoir d'achat en plus. Quoi qu'il fasse, il perd aussi 0,6 point par année au pouvoir. Le résultat est une cible, la popularité vers laquelle il se dirige, telle que la verrait un électeur qui ne jugerait que l'économie du pays. Chaque groupe s'en écarte selon ce que son propre revenu a fait, et la cible du pays est la moyenne de ses électeurs (E28). La popularité suit cette cible lentement et fait la moitié du chemin en 70 jours. L'écart d'inflation n'y est compté que jusqu'à 20 points, dans un sens comme dans l'autre. Le studio a posé cette borne parce que les études qui donnent ces chiffres portent sur des inflations de quelques dizaines de pour cent, et que sans elle, l'inflation argentine qui retombe de 220 % à sa cible porterait son gouvernement au-dessus de 100 % de popularité.
Un gouvernement arrive avec 7 % de chômage, 2 % d'inflation et un pouvoir d'achat en hausse de 1,5 %. Deux ans plus tard, le chômage est monté à 8 % et l'inflation à 5 %, tandis que le pouvoir d'achat ne progresse plus que de 0,5 %. Sa popularité se dirige alors vers 50 − 0,6 × 1 − 0,6 × 3 − 0,5 × 1 − 0,6 × 2 = 45,9 %.
Dans la formule :
| Symbole | Ce que c'est | Dans l'exemple |
|---|---|---|
| \(P^{*}\) | la popularité vers laquelle se dirige le gouvernement | 45,9 % |
| \(P_0\) | la popularité de départ de tout gouvernement | 50 % |
| \(u - u_0\) | le chômage en plus depuis l'arrivée | +1 |
| \(\pi^{12} - \pi_0\) | l'inflation en plus depuis l'arrivée, comptée jusqu'à 20 points | +3 |
| \(g^{R} - g^{R}_0\) | le pouvoir d'achat en plus depuis l'arrivée | −1 |
| \(n\) | les années au pouvoir | 2 |
| \(a_u\), \(a_\pi\), \(a_y\), \(a_c\) | ce que pèse chaque terme | 0,6 ; 0,6 ; 0,5 ; 0,6 |
Voir la formule complète et ses sourcesLa forme exacte au pas d'un jour, la population en groupes, chaque paramètre avec sa source, et ce que l'équation laisse de côté.
u0, π0 et gR0 sont le chômage, l'inflation publiée et la croissance du pouvoir d'achat (E14) que le gouvernement a trouvés en prenant ses fonctions ; pour celui qui est en place au départ, ce sont les valeurs de départ, la croissance potentielle des données tenant lieu de pouvoir d'achat. n compte ses années au pouvoir : depuis la dernière élection avant le départ de la partie, remises à zéro quand il est remplacé (E15, E16). Un gouvernement réélu garde ses années : il continue de s'user. Au départ, la popularité vaut déjà P*, si bien que le gouvernement en place a perdu ac point par année écoulée depuis la dernière élection.
Là où la population est décrite en groupes (E27, E28), P* est la cible d'un électeur qui ne jugerait que l'économie du pays : chaque groupe s'en écarte selon ce que son propre revenu a fait depuis l'arrivée du gouvernement, les chômeurs se tiennent sous les autres, et la cible du pays est la moyenne de ses électeurs. Le réglage groups.enabled rend P* seule.
| Variable | Sens | Unité | Bornes |
|---|---|---|---|
popularity (P) | popularité du gouvernement | % | 0 à 100 |
unemployment (u) | taux de chômage (E6) | % de la population active | 0 à 50 |
inflation (π12) | inflation publiée sur douze mois (E5) | % | −11 à 500 |
income_growth (gR) | pouvoir d'achat : croissance du revenu disponible réel sur douze mois (E14) | % | non contrôlée ; celles de l'écart de production s'en déduisent |
years_in_office (n) | années au pouvoir, interne | années | non contrôlée |
starting_unemployment, starting_inflation, starting_income_growth (u0, π0, gR0) | l'économie dont le gouvernement a hérité, interne | % | non contrôlées |
| Paramètre | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
starting_popularity P0 | 50 % | tout gouvernement nouveau commence à 50 % ; celui qui est en place au départ a déjà perdu cost_of_ruling par année écoulée depuis la dernière élection | |
popularity_unemployment au | 0,6 point par point de chômage | Paldam 2004 : coefficient typique d'une fonction de popularité trimestrielle | |
popularity_inflation aπ | 0,6 point par point d'inflation | Paldam 2004 | |
popularity_inflation_span S | 20 points d'inflation | voir « La borne S » | |
cost_of_ruling ac | 0,6 point par année au pouvoir | Paldam 2004 : 0,15 point par trimestre ; Nannestad et Paldam 2002 : 2¼ points par mandat en moyenne | |
popularity_persistence ρP | 0,74 par mois | Berlemann et Enkelmann 2014, approbation Gallup 1953-2006 (demi-vie : 70 jours) | |
popularity_income ay | 0,5 point par point de croissance du revenu disponible réel sur un an | Frey et Schneider 1980, voir E14 |
Pourquoi. Le chômage et l'inflation sont les « deux grands » des fonctions de popularité : leur effet est l'un des résultats les plus établis de la littérature (Nannestad et Paldam 1994 ; Lewis-Beck et Stegmaier 2013). Et gouverner use, quoi que fasse l'économie. Le pouvoir d'achat s'y ajoute (E14).
La borne S (choix). Ces fonctions sont estimées là où l'inflation reste de l'ordre de quelques dizaines de pour cent. Sans borne, l'inflation argentine qui retombe de 220 % à sa cible porterait son gouvernement au-dessus de 100 %.
Ce que ça simplifie. Les fonctions de popularité sont instables d'un pays et d'une époque à l'autre, et la responsabilité du gouvernement n'est nette que dans les systèmes à deux blocs (Nannestad et Paldam 1994). Les électeurs comparent leur économie à celle des voisins (Kayser et Peress 2012) : pas encore ici. Les coefficients sont symétriques, alors que Nannestad et Paldam trouvent qu'une dégradation pèse trois fois une amélioration ; Hibbs (2000) ne trouve pas cette asymétrie pour le revenu. Le coefficient du pouvoir d'achat vient d'études où le chômage et l'inflation ont les leurs, estimés ensemble ; ceux de Paldam ont été estimés sans revenu : les additionner compte peut-être deux fois une partie du même effet.
E14. Le pouvoir d'achat
En clair
Le revenu disponible des ménages correspond à ce que l'économie produit, moins ce que l'État prélève, plus ce qu'il reverse en prestations comme les retraites ou les allocations. Le pouvoir d'achat est sa croissance sur douze mois, si bien qu'une baisse d'impôts en donne tout de suite et n'en donne plus un an plus tard. Pour peser sur le vote, elle doit donc tomber six à neuf mois avant l'élection.
Dans un pays avancé dont les recettes font 51 % du PIB et les dépenses 55 %, 42 % des dépenses sont des prestations, soit 23,1 points de PIB, et le revenu disponible vaut 100 − 51 + 23,1 = 72,1 % du PIB. Baisser les recettes de 2 points le porte à 74,1 %. Le revenu augmente alors de 2,8 %, et le pouvoir d'achat affiché gagne 2,8 points pendant douze mois avant de revenir à son niveau d'avant.
Dans la formule :
| Symbole | Ce que c'est | Dans l'exemple |
|---|---|---|
| \(R\) | le revenu disponible réel des ménages | 72,1 % du PIB |
| \(Y\) | le PIB réel | |
| \(T\) | les recettes publiques | 51 % |
| \(TR\) | les prestations versées aux ménages | 23,1 % |
| \(\tau\) | la part des dépenses qui va en prestations | 0,42 |
| \(INT\) | les intérêts de la dette reçus par les ménages, pas encore comptés | 0 |
| \(g^{R}\) | le pouvoir d'achat, croissance de \(R\) sur douze mois |
Voir la formule complète et ses sourcesChaque paramètre avec sa source, et ce que l'équation laisse de côté.
R est le revenu disponible réel des ménages : la production, moins ce que l'État prélève, plus ce qu'il rend, c'est-à-dire les transferts TR et les intérêts de sa dette INT, en points de PIB. gR est sa croissance sur douze mois : le pouvoir d'achat, que voit le joueur et qui entre dans la popularité (E12).
| Paramètre | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
popularity_income a_y | 0,5 point de popularité par point de croissance du revenu disponible réel sur un an | Frey et Schneider (1980) : États-Unis 0,52 (trimestriel) et 1,08 (mensuel), Allemagne 0,31 à 0,56 selon les gouvernements, 0,50 en écart à la législature précédente ; Royaume-Uni (1978) : 0,39 à 0,81 sur l'avance du gouvernement | |
social_transfers_share τ | 0,42 / 0,27 / 0,05 de la dépense primaire | la dépense publique de protection sociale hors santé (OIT 2024, figure 3.11, pondérée par le PIB : 16,2 % du PIB pour les pays à revenu élevé ; 8,5 et 4,2 % pour les revenus intermédiaires, 7,7 % ensemble ; 0,8 % pour les bas revenus), divisée par la dépense primaire du groupe pondérée de même (38,3 ; 28,6 ; 14,7 % du PIB) | |
| INT | 0 | voir ci-dessous |
Pourquoi. Le revenu disponible réel est une variable classique des fonctions de vote et de popularité : chez Hibbs (2000), il absorbe à lui seul l'effet de l'économie sur le vote présidentiel américain (4,12 points de vote par point de croissance moyenne du revenu par habitant sur le mandat) ; chez Frey et Schneider, il s'ajoute au chômage et à l'inflation. Le terme s'écrit comme les autres de la fonction de Paldam, en écart à ce que le gouvernement a trouvé en arrivant : la croissance du revenu par habitant et celle du revenu total ne diffèrent que de la croissance de la population, constante ici, qui s'annule dans l'écart. C'est ce qui relie le budget du joueur à sa survie politique : une baisse d'impôts rend du pouvoir d'achat tout de suite, une hausse en prend ; et une hausse de la dépense en rend aussi, par la part qui va aux ménages en prestations. Pour la France, τ G vaut 23,3 % du PIB, et le revenu disponible du modèle 72 % du PIB (49 % sans les prestations).
Ce que le joueur en apprend. Le pouvoir d'achat se mesure sur douze mois : une baisse d'impôts vieille d'un an n'en rend plus. Pour compter le jour du vote, elle doit tomber six à neuf mois avant (§7.4). C'est le cycle politique des affaires, que le modèle fait apparaître sans qu'on l'y ait écrit.
Ce que ça simplifie. Les prestations sont une part fixe de la dépense de chaque groupe de pays : un point de dépense en plus se partage comme le budget moyen du groupe, et les États-Unis reçoivent la part des pays à revenu élevé, plus forte que la leur. La protection sociale « hors santé » de l'OIT comprend quelques prestations en nature, qui ne sont pas du revenu (OIT 2024, note 29 du chapitre 4). Les intérêts de la dette ne comptent pas encore : on ne sait pas qui la détient (inconnue interest_in_income, tenue à zéro). Jusqu'au 23 septembre 2026, les transferts étaient eux aussi une inconnue tenue à zéro : le revenu disponible était sous-estimé (49 % du PIB en France), une baisse d'impôts en rendait trop, et une relance par la dépense en retirait.
E15. Les élections
En clair
Le jour du vote, le camp au pouvoir part d'environ 51,4 % des voix. Il gagne un peu plus d'un dixième de point par point d'approbation nette, c'est-à-dire l'écart entre ceux qui approuvent et ceux qui désapprouvent, et 0,6 point par point de croissance de l'année. S'il gouverne depuis deux mandats ou plus, il perd 4,3 points, ce qu'on appelle la prime au changement, mais seulement à l'élection qui décide qui gouverne. Là où une assemblée est élue à part d'un président, son élection juge le camp du président par la même équation, sans cette prime. Un tirage au sort s'ajoute pour tout ce que l'économie n'explique pas, ainsi que, pour le camp du joueur, ce que ses débats lui ont apporté (E31). À 50 % ou plus, le camp au pouvoir est réélu, et en dessous, il est remplacé.
Avec 45 % de popularité, 1,2 % de croissance sur l'année et un premier mandat, le score attendu vaut 51,417 + 0,109 × (2 × 45 − 100) + 0,604 × 1,2 = 51,05 %. C'est au-dessus de 50, mais de si peu qu'avec le tirage du jour, le camp au pouvoir ne gagne qu'environ 64 fois sur 100. Après deux mandats, les 4,265 points de la prime au changement le font tomber à 46,8 %, et il ne gagne plus que 14 fois sur 100.
Dans la formule :
| Symbole | Ce que c'est | Dans l'exemple |
|---|---|---|
| \(V\) | la part des voix du camp au pouvoir | 51,05 % |
| \(P\) | la popularité | 45 % |
| \(2P - 100\) | l'approbation nette | −10 |
| \(g\) | la croissance du PIB réel sur douze mois | 1,2 % |
| \(\mathbb{1}[\ldots]\) | vaut 1 après deux mandats ou plus, 0 sinon | 0 |
| \(z^{E}\) | le tirage du jour de l'élection |
Voir la formule complète et ses sourcesLa campagne, la prime au changement, chaque paramètre avec sa source, et ce que l'équation laisse de côté.
Le jour de l'élection de son pays, le camp au pouvoir obtient
points du vote des deux grands camps, soit, avec les valeurs du tableau, V = 51,417 + 0,109 (2*P* − 100) + 0,604 g − 4,265 · 𝟙 + 3 zE. g est la croissance du PIB réel sur douze mois (E14), zE un tirage d'une loi normale centrée réduite. À 50 ou plus, le camp au pouvoir est réélu et compte un mandat de plus ; en dessous, il est remplacé : le nouveau gouvernement commence à starting_popularity, sans années au pouvoir, avec un mandat, jugé sur l'économie dont il hérite (E12). Si c'était celui du joueur, le joueur a perdu, ses ordres en attente sont annulés et son pays revient aux règles des pays sans joueur — à moins qu'il ne reprenne la partie avec le vainqueur (E22). L'élection suivante a lieu un mandat plus tard. La nouvelle de l'élection donne V, tirage compris : la part qui a décidé.
La campagne. Là où le président est élu en deux tours (la France), le jour du calendrier est celui du second, et le premier a lieu quatorze jours plus tôt : V y dit les voix de chaque parti, et, au second, le duel quand le camp au pouvoir y est (E30). Pour le camp du joueur, V compte aussi ce que ses débats lui ont apporté (E31), et sa popularité ce que les électeurs accordent à ses promesses (E32).
La prime au changement (𝟙) ne pèse que sur l'élection qui décide qui gouverne : Abramowitz l'a mesurée sur les présidentielles, pour un camp qui brigue un troisième mandat. Là où une assemblée est élue à part d'un président (E21, E22), son élection juge le camp du président par la même équation, sans elle, comme dans un premier mandat ; et ne lui ajoute pas de mandat.
Au départ, chaque camp au pouvoir est compté dans son premier mandat : c'est l'inconnue incumbent_terms_at_start, tenue à 1.
| Variable | Sens | Unité | Bornes |
|---|---|---|---|
| V | part du vote des deux grands camps obtenue par le camp au pouvoir — celui du président en cohabitation (E22) | % | non contrôlée |
popularity (P) | popularité du gouvernement (E12) | % | 0 à 100 |
growth (g) | croissance du PIB réel sur douze mois, le jour comparé au même jour un an avant ; pas celle que le jeu publie | % | non contrôlée |
terms_in_power | mandats du camp au pouvoir, interne | mandats | non contrôlée |
next_election | date de la prochaine élection, interne | date | aucune pour un pays qui ne vote pas |
| Paramètre | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
vote_intercept a0 | 51,417 % des voix | Abramowitz 2008, tableau 5 : États-Unis, 1948-2004, 15 élections | |
vote_net_approval aP | 0,109 point de voix par point d'approbation nette | idem ; l'approbation nette est « approuve » moins « désapprouve » (Gallup, mi-année), écrite ici 2*P* − 100, comme si personne ne répondait « sans opinion » | |
vote_growth ag | 0,604 point de voix par point de croissance | idem : croissance annualisée du PIB réel au 2e trimestre de l'année électorale ; ici, sur douze mois | |
vote_time_for_change at | 4,265 points de voix en moins | idem : quand le camp sortant a gouverné deux mandats ou plus ; à l'élection qui décide qui gouverne seulement | |
vote_noise σV | 3 points (écart-type) | 1,78 (Abramowitz 2008), 2,99 pour l'Allemagne et 4,15 pour le Royaume-Uni (Lewis-Beck et Dassonneville 2015), 3,0 (Fair 2022, économie seule), 4,5 en régime parlementaire sans popularité (Nannestad et Paldam 1999) |
| Grandeur | Valeur | Statut | Source |
|---|---|---|---|
| le calendrier | par pays : la dernière élection nationale qui décide qui gouverne, la suivante, la durée d'un mandat | Wikidata, CC0 |
Pourquoi. L'équation d'Abramowitz est celle des fonctions de vote qui passe par la popularité : c'est ce qui fait voter le modèle sur ce que le joueur a fait, et non sur l'économie seule. Le tirage du jour dit tout ce que l'économie n'explique pas. Le calendrier est celui de chaque pays : la France vote le 2 mai 2027, les États-Unis le 7 novembre 2028, l'Inde en 2029 ; tous les gouvernements ne sont pas « élus » le même jour.
Ce que ça simplifie. L'équation est estimée sur les présidentielles américaines ; elle s'applique à tous les pays, régimes parlementaires compris, où les coalitions et les sièges décident autrement. Le nombre de mandats déjà faits par le camp au pouvoir au départ est inconnu, alors qu'en France le camp au pouvoir depuis 2017 devrait subir la prime au changement dès 2027. Là où les données décrivent des partis, l'élection se joue parti par parti, et le parti qui dirige change ce que fait un gouvernement sans joueur (E19 à E24) ; ailleurs, un nouveau gouvernement mène la même politique que l'ancien. Un pays sans élection nationale dans Wikidata n'en a pas (l'Arabie saoudite, mais aussi, à tort, le Danemark) ; un pays où l'élection ne décide pas de qui gouverne en a quand même une (Chine, Russie). Une relance bien placée gagne environ un point de vote, quand l'écart-type du tirage en vaut trois : c'est réaliste, puisque l'économie n'explique qu'une partie du vote, mais un joueur peut le vivre comme du hasard.