Les actions du joueur
Les décisions que le joueur peut prendre aujourd'hui, et celles qui arriveront avec les prochaines versions du jeu.
En clair
Le joueur tient le budget et le taux directeur. Il fixe huit postes de dépenses par leur part du budget, quinze impôts par leur taux, et un minimum vieillesse qui décide, avec le barème de l'impôt et les taux de la TVA, qui paie et qui reçoit. Selon le régime du pays, chaque décision revient au parlement, qui la vote, au gouvernement ou à la banque centrale, et elle prend effet le 1er du mois suivant, ou le 1er du mois qui suit son vote. Une décision hors des bornes est refusée sans rien changer. Le joueur répond aussi à ce qui arrive, aux événements qui frappent son pays comme aux mouvements sociaux. Pendant les campagnes, il débat et promet, et, s'il est président, il peut dissoudre l'assemblée.
Les leviers d'aujourd'hui
Les dépenses primaires, ce que l'État dépense sans compter les intérêts de sa dette, sont comme les recettes la somme des postes du budget (E26), et c'est cette somme que lit le reste du modèle. Un poste de recettes est ce que rapportent ses impôts (E35), et le taux directeur se fixe en pour cent par an.
| Levier | Unité | Bornes | Qui décide, en démocratie | Ce qu'il déplace |
|---|---|---|---|---|
| huit postes de dépenses : retraites, autres prestations sociales, santé, éducation, défense, sécurité et justice, économie et infrastructures, administration et autres | % des dépenses primaires | chaque poste de 0 à 40 points de PIB, 80 au plus pour le total ; la somme des parts demandées sous 100 % | le parlement, par un vote | les dépenses primaires, donc le solde (E8) et la demande par l'impulsion (E1), et le revenu des groupes qui reçoivent le poste (E27) |
| quinze impôts : le taux supérieur de l'impôt sur le revenu, les cotisations du salarié et de l'employeur, les taxes sur les salaires, le taux normal de TVA et ses taux sur l'alimentation, sur l'énergie et l'eau du logement, et sur les médicaments, les accises, l'impôt sur les sociétés, les impôts fonciers, l'impôt sur la fortune, les droits de succession, les droits de mutation, les droits de douane | le taux légal en %, ou le niveau du barème, 100 % au départ | revenu et successions 0 à 90 ; cotisations 0 à 50 ; TVA 0 à 40 ; sociétés 0 à 60 ; fortune 0 à 10 ; douanes 0 à 100 ; niveaux 0 à 300 ; 80 points de PIB au plus pour le total des recettes | le parlement, par un vote | les recettes, avec les mêmes effets, et le revenu des groupes qui paient l'impôt |
| le minimum vieillesse, lu en dollars par mois | % des retraites | de 0 à 100, dans ce qu'il change encore | le parlement, par un vote | qui reçoit les retraites, et un peu leur montant, selon la réponse des gens (E29) |
| taux directeur | % par an | −1 à 500 | la banque centrale, sans vote | la demande (E1), le taux de marché (E10) |
Dans une autocratie électorale, le parlement vote aussi le budget, mais en 15 jours au lieu de 30, tandis que dans une autocratie fermée le gouvernement décide de tout, sans vote. Le vote de chaque parti est décrit dans Décisions et votes. Une décision que personne ne vote prend effet le 1er du mois suivant, même quand elle est prise un 1er. Une part du budget demandée attend son vote et le 1er du mois, et ne se change en montant que ce jour-là.
Un pays exclu des marchés, à qui plus personne ne prête, ne peut pas dépenser plus que ses recettes hors effet de la conjoncture, quoi que le joueur ait décidé (E16). La borne du taux directeur est celle de la variable (§3.1), et celle de 80 points enveloppe les budgets observés dans le monde, où les recettes vont de 2,9 à 74 % du PIB et les dépenses de 5,2 à 57,8 %.
Répondre à ce qui arrive
| Action | Quand | Ce qu'elle fait |
|---|---|---|
| répondre à un événement | dans les 30 jours qui suivent un événement qui frappe le pays, une fois | relève un poste du budget pour un temps, change la perte de production, fait monter la popularité (E34) |
| céder, recevoir, employer la fermeté | quand un groupe du pays est dans la rue, à tout moment | retire la mesure contestée ou ordonne la revendication, calme la colère, coûte de la popularité pour la fermeté (E33) |
| choisir une ligne de débat | sept jours avant chaque tour d'une élection qui juge le camp du joueur | défendre son bilan, attaquer ou promettre, pour un peu de voix (E31) |
| faire une promesse | pendant la campagne, trois au plus | une part du gain promis accordée d'avance, et un engagement à tenir dans les deux ans (E32) |
| dissoudre l'assemblée | quand le joueur tient la présidence, sauf dans l'année qui suit une élection après dissolution | une élection de l'assemblée 40 jours plus tard (E22) |
| reprendre la partie | quand le joueur a perdu le pouvoir, ou, président, pendant une cohabitation | le joueur joue désormais le parti qui dirige le gouvernement (E22) |
Un joueur qui a perdu le pouvoir ne donne plus d'ordres tant qu'il n'a pas repris la partie, et ses ordres en attente comme ses projets devant le parlement sont annulés.
Les leviers à venir
Le joueur fixe déjà quinze postes du budget (E26). Ce sont des montants, et tous ceux d'un même côté pèsent pareil sur l'économie. Ce qui suit dit ce que la littérature fournit pour aller plus loin, impôt par impôt et poste par poste, et pour 2 ou 3 réformes à effet différé. Rien de cela n'est encore dans le jeu.
Trois impôts, qui découpent gov_revenue :
| Levier | Bornes observées | Ce qu'il faut pour le modéliser |
|---|---|---|
| taux normal de TVA | 5 % (TPS fédérale canadienne) à 27 % (Hongrie) ; moyenne OCDE 19,3 % ; minimum UE 15 % | une assiette, et son rendement réel : l'OCDE mesure 0,58 du rendement théorique en moyenne (0,33 au Mexique, 0,96 en Nouvelle-Zélande) |
| taux marginal supérieur de l'impôt sur le revenu | 10 % (Bulgarie, Roumanie) à 60,5 % (Danemark) | l'élasticité du revenu imposable : 0,12 à 0,40 à long terme (Saez, Slemrod et Giertz 2012), qui donne la part du gain mécanique perdue |
| impôt sur les sociétés | 0 à 50 % (Comores), avec un plancher effectif de 15 % pour les grandes multinationales | la semi-élasticité des profits déclarés au taux : environ 0,8 (Heckemeyer et Overesch 2017) |
Les multiplicateurs par impôt restent le point le plus fragile de la littérature (trois familles de résultats inconciliables, §8.3).
Cinq postes de dépenses, qui découpent primary_spending :
| Poste | Part observée (% du PIB) | Multiplicateur, s'il diffère |
|---|---|---|
| protection sociale | 0,8 (bas revenu) à 26,5 (Finlande) | transferts généraux 0,2 à 0,6 ; ciblés sur les ménages contraints, proches des dépenses publiques (Coenen et al. 2012) |
| santé | ≈ 1 (bas revenu) à 7,9 (revenu élevé) | comme la consommation publique |
| éducation | 3 à 4,8 | idem |
| défense | 1,5 à 2,8 | idem |
| investissement public | ≈ 3 (avancés) | 0,4 la première année, 1,4 à quatre ans, et un effet durable sur le potentiel (FMI, WEO d'octobre 2014) |
Deux ou trois réformes à effet différé : la littérature n'a pas encore été relevée pour elles. Candidates, à trancher : une réforme du marché du travail qui abaisse le chômage d'équilibre ; un effort d'investissement public qui relève le potentiel (FMI 2014) ; une réforme de l'administration fiscale qui relève le rendement de la TVA.